Publié le 22 Avril 2025
Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) est aujourd’hui bien plus qu’un simple diagnostic à réaliser pour vendre ou louer son logement. Il est devenu un levier crucial pour atteindre les objectifs fixés par l’Accord de Paris. Ce dernier, signé en 2015, vise à limiter le réchauffement climatique à +1,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle. Or, le secteur résidentiel-tertiaire représente à lui seul 23 % de l’empreinte carbone de la France, dont environ 15 % pour les seuls logements. Dans ce contexte, le DPE permet d’identifier les bâtiments les plus énergivores (classés F et G) afin de prioriser leur rénovation. Ce sont les fameuses passoires thermiques. Cet outil stratégique permet d’orienter et de cibler les rénovations les plus urgentes et en mesurant leur efficacité. Pourtant, seules 2 % des résidences principales françaises sont actuellement classées A, tandis que 17 % restent dans les deux pires catégories (F et G). Le défi reste donc immense : pour respecter le budget carbone compatible avec l’Accord de Paris, les émissions du logement devraient être divisées par dix d’ici à 2050.
À ce rythme, la France aura épuisé son budget carbone alloué au logement en moins de cinq ans. Le DPE permet non seulement de dresser un état des lieux, mais aussi de fixer une feuille de route pour atteindre la neutralité carbone. En rénovant 400 000 logements par an vers la classe A, il serait possible d’atteindre cet objectif. Cela implique une montée en puissance des compétences, une augmentation significative des aides publiques, et une volonté politique forte. Les rénovations doivent être globales : isolation performante, ventilation efficace, recours aux énergies renouvelables… Sans cela, même une relance du nucléaire ne suffirait pas à compenser les pics de consommation liés au chauffage.