Publié le 18 Décembre 2025

Malgré son interdiction en France depuis plus de vingt-cinq ans, l’amiante demeure un risque majeur pour la santé des travailleurs. Le dernier rapport de l’Assurance Maladie montre une recrudescence préoccupante des maladies professionnelles (MP) liées à ce matériau, rappelant que l’exposition et les interventions sur des matériaux anciens continuent de produire des effets graves et durables.
En 2024, les maladies professionnelles liées à l’amiante représentent environ 3 % de l’ensemble des MP reconnues. Leur nombre a augmenté de 8,5 % par rapport à 2023, soit 162 cas supplémentaires. Cette hausse marque une rupture avec la tendance observée depuis 2011, qui était globalement à la baisse. Depuis 2022, la courbe s’est inversée, soulignant un retour en force des pathologies amiantées dans le monde du travail. Cette évolution s’explique par l’augmentation significative de plusieurs catégories de maladies reconnues. Le cancer bronchopulmonaire provoqué par l’inhalation de poussières d’amiante, enregistre à lui seul 90 cas supplémentaires entre 2023 et 2024. Par ailleurs, les affections professionnelles consécutives à l’inhalation de poussières d’amiante, progressent de 47 cas. Cette hausse concerne notamment les mésothéliomes, avec 27 cas supplémentaires, et les asbestoses, qui augmentent de 31 cas. Les cancers liés à l’amiante connaissent eux aussi une progression marquée, avec une hausse de 14,5 % entre 2023 et 2024. Ils représentent désormais environ 42 % de l’ensemble des pathologies liées à l’amiante. Ces chiffres rappellent la dangerosité extrême de ce matériau et la longue latence des maladies qu’il provoque. Dans le milieu professionnel, ces constats soulignent l’importance cruciale de la prévention, de la formation des travailleurs exposés et du respect strict des règles lors des opérations de maintenance, de rénovation ou de démolition. L’amiante reste un enjeu sanitaire majeur, dont les conséquences continuent de se faire sentir bien après son interdiction.